J’ai été invitée par Terre d’Arts à participer au Défi des Créateurs en novembre 2021. Il s’agit d’une résidence en recherche artistique à Fort-de-France qui m’a permis de développer mon travail intitulé « Arbonirisme » autour des arbres de la Martinique.
« Arbonirisme » est un mot inventé pour parler de l’expérience du rêve et de la réalité qui s’exprime par le traitement de la photographie : l’angle de prise de vue en contreplongée, les couleurs accentuées, les contrastes intenses et la luminosité vive créent une limite floue entre la photographie et l’art pictural, entre le rêve et la réalité, entre souvenirs et visions.
Sous ces arbres, nous nous souvenons du passé, nous rêvons au présent et nous imaginons le futur.
Dans la série produite en Martinique, l’arbre est le vecteur de souvenirs liés à l’Histoire de l’île, de son utilité actuelle, et de ce qu’il permet d’envisager pour l’avenir de l’île.
De nombreux arbres fournissent des fruits qui sont au cœur de la cuisine créole. Le Bakoua permet de fabriquer avec ses feuilles un chapeau traditionnel du même nom. Le gommier est un arbre qui permet de fabriquer le bateau des pêcheurs martiniquais, appelé la yole. Certains arbres ont une histoire tragique puisque leurs branches qui poussent parallèle au sol ont été utilisées pour pendre des esclaves.
Il était évident que la Martinique avait une histoire à raconter à travers ses arbres.

